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L'EUROPE APRÈS LA PLUIE (1965)
Alan Burns

Le narrateur, qui appartient peut-être à un service d’espionnage, traverse une terre à moitié conquise dont on ignore le nom. Il cherche et trouve une jeune femme – la fille du dictateur de ce pays. Témoin lucide et détaché des désastres de la guerre, il va s’efforcer de survivre à l’angoisse, qui, mêlée à la vie comme à la mort, est le ressort principal de ce récit.

Publié pour la première fois en 1965, L’Europe après la pluie est un texte dérangeant ; la création – et, sans nul doute aussi la re-création – d’un cauchemar, celui de la destruction totale de tout espoir, celui du désenchantement.

"L’Europe" à travers laquelle le narateur voyage n’est plus qu’un monde informe, cauchemardesque qui, en terme d’équivalence picturale, évoque le tableau de Max Ernst qui a donné son titre au récit ; un tableau figurant, de manière prophétique, une destruction galopante qui n’est pas sans ressembler à celle qu’a connue le monde au milieu du vingtième siècle.

Par son enchaînement saisissants des images et des faits, L’Europe après la pluie est imprégné d’un puissant climat onirique ; mais c’est aussi une œuvre dont l’originalité absolue réside dans le contraste entre l’imprécision des événements, des personnages, et la concision, l’exactitude glaciale du style.

Un texte à nu, sec, dépouillé, saccadé, superbement abrupt. J’ai l’impression d’un livré colossal, un autre Guerre et Paix, réduit à ses os, à son essence, à son cœur… Un livre angoissant,
qui touche le lecteur là où ça fait mal.

The Scotman