JEAN TOOMER
Canne (1923)
Jean Toomer est considéré comme l’un des initiateurs de la « Renaissance de Harlem », premier mouvement culturel afro-américain.
Né à Washington D.C. le 26 décembre 1894 au sein d’une famille aisée, il suit une scolarité qui alterne établissements pour Noirs et établissement strictement réservés aux Blancs.
Dans un contexte de forte ségrégation raciale, Toomer, dont plusieurs ancêtres sont blancs, refuse le terme d’“afro-américain” et se définit avant tout comme un “Américain”. Lors de ses études supérieures, au début des années vingt, il rédige plusieurs articles sur les préjugés raciaux qui lui ouvrent la porte du cercle de Waldo Franck. Il commence à écrire des nouvelles et accepte un poste dans un établissement scolaire de Géorgie.
Subissant alors de plein fouet le racisme du Sud des Etats-Unis, il se tourne vers ses racines afro-américaines et publie Canne en 1923 suite à cette expérience. A la croisée de la Renaissance de Harlem et de la Génération Perdue, ce texte expérimental aura une grande influence sur Langston Hughes comme sur Zora Neale Hurston. Il est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de cette période littéraire.
Dans les années trente et quarante, Toomer se tourne vers le mysticisme, et ne parvient jamais plus, par ses écrits, à retrouver le succès de Canne. Il cesse d’écrire dans les années cinquante et meurt en 1967, dans une grande pauvreté.